Muniba Mazari est une artiste, activiste, modèle et animatrice TV pakistanaise, née en 1987.

Issue d’une famille très traditionnelle, elle est marié contre son gré à 18 ans. Elle rêve de devenir artiste et de peindre, mais elle se résigne (temporairement) à être femme au foyer et faire ce qu’on attend d’elle.
A 21 ans, elle est très gravement blessée suite à un accident de voiture. On lui annonce qu’elle ne pourra plus peindre, plus marcher, et plus avoir d’enfants. Elle est désespérée. Pourtant cela va changer sa vie, et elle décide de ne pas abandonner et d’affronter toutes ses peurs, une à une.

Elle va se remettre à peindre, et elle vend maintenant ses oeuvres sous la marque « Maniba’s canvas ».
Elle s’est également engagée pour défendre la cause des femmes et des enfants, ainsi que des personnes handicapées.
Elle intervient régulièrement pour passer ces messages.
Muniba a été nommée parmi les 100 femmes les plus influentes en 2015 par la BBC, et parmi les 30 personnalités de moins de 30 ans du classement Forbes en 2016.
A travers son oeuvre et ses actions, Muniba cherche à redonner espoir à ceux qui n’en n’ont plus. Son message à tous est de ne jamais abandonner.

Un peu plus d’inspiration? Allez voir la page Facebook de Muniba.

Et encore un shoot d’inspiration? Alors regardez la video de son intervention qui est devenue virale. Muniba y est impressionnante de sérénité et d’une force intérieure qui semble inébranlable malgré ce qu’elle a vécu.
(Traduction française ci-dessous)

« J’ai été mariée à 18 ans. Je fais partie d’une famille très conservatrice, une famille dans laquelle une fille bien élevée ne dit jamais « non » à ses parents. Mon père voulait que je me marie, et j’ai seulement dit: si cela te rend heureux alors je dirai oui. Bien sûr, ça ne fut jamais un mariage heureux.

Environ 2 ans après ce mariage, il y 9 ans, j’ai eu un accident de voiture. Mon mari s’était endormi et la voiture est tombé dans un fossé. Il a réussi à sauter et s’extraire de la voiture. Je suis heureuse pour lui. Mais moi je sui restée dans la voiture, souffrant de nombreuses blessures. La liste est un peu longue. J’ai eu une fracture au bras droit du radius et cubitus, au poignet, à l’omoplate et la clavicule. Toute ma cage thoracique a été brisée.

Mais la blessure qui me changea et changea complètement ma vie fut la fracture de ma colonne vertébrale. De nombreuses personnes étaient venues me secourir. Ils m’ont fait un massage cardiaque. Ils m’ont tirée hors de la voiture, et en me tirant, j’ai eu une lésion totale de la moelle épinière.

Les 2 mois et demi à l’hôpital ont été atroces. J’étais au bord du désespoir. Un jour un docteur est venu me voir et m’a dit: « Ecoutez, on m’a dit que vous vouliez être une artiste mais que finalement vous étiez femme au foyer. J’ai une mauvaise nouvelle pour vous. Vous ne pourrez plus jamais peindre. »

Le lendemain, le docteur est revenu et m’a dit: « Votre colonne vertébrale est tellement en mauvais état que vous ne pourrez plus jamais marcher. » J’ai pris une grande respiration et j’ai décidé que tout irait bien. Le jour suivant, le docteur est venu me dire: « A cause de votre blessure à la colonne vertébrale et de l’attache que vous avez dans le dos, vous ne pourrez plus avoir d’enfants ».

Ce jour-là j’étais dévastée. J’ai commencé à remettre en cause mon existence et me demander à quoi cela pouvait servir que je sois en vie? Ce qui m’a permis de tenir bon, c’est que, un jour j’ai demandé à mes frères: « je sais que ma main est déformée, mais je n’en peux plus de voir ces murs blancs d’hôpital et de porter ces blouses blanches. Apportez moi des couleurs, apportez moi quelques petites toiles, je veux peindre. » Mon tout premier tableau fut sur mon lit de mort où je peignais pour la première fois.

Ce fut une incroyable thérapie! Sans prononcer le moindre mot, je pouvais peindre ce que j’avais sur le cœur. Je pouvais peindre mon histoire. Les gens qui venaient disaient souvent « quels beaux tableaux, pleins de couleurs ». Personne ne voyait la peine qu’il y avait dedans. Moi seule la voyait. Et ce jour-là j’ai décidé de vivre pour moi-même, que je ne serai pas cette personne parfaite qu’on attend de moi. Je prendrai le moment présent et je le rendrai parfait pour moi-même. Et je combattrai mes peurs.

J’ai écrit toutes mes peurs, une par une, et j’ai décidé que j’allais dépasser ces peurs, une par une. Savez-vous quelle était ma plus grande peur? Le divorce. Mais le jour où j’ai décidé que ce n’était rien qu’une peur, je me suis libérée en lui rendant la liberté. Et je me suis donnée une telle force émotionnelle que le jour où j’ai appris qu’il se remariait, je lui ai envoyé un message lui disant que j’étais vraiment heureuse pour lui et que je lui souhaitais beaucoup de bonheur. Et il sait que je prie pour lui aujourd’hui.

La deuxième était que je ne pourrai plus avoir d’enfants. Et ça c’était vraiment terrible pour moi. Mais j’ai d’un coup réalisé qu’il y avait tellement d’enfants dans le monde qui n’attendent que d’être acceptés. Alors il ne sert à rien de pleurer! Va en adopter un! Et c’est ce que j’ai fait. Je me suis présentée auprès de diverses organisations, divers orphelinats, et j’ai attendu patiemment. Deux ans plus tard j’ai eu un appel d’une toute petite ville au Pakistan. « C’est vous Muniba Mazari? Nous avons un bébé garçon. Voulez-vous l’adopter? » A ce moment j’ai vraiment ressenti la douleur de l’accouchement et j’ai dit « oui oui je l’adopte! Je viens le ramener à la maison ». Ce jour-là, il avait 2 jours et maintenant il a 6 ans. Savez-vous ce qui est le plus pénible quand on est en fauteuil roulant?

Les gens ont peur de ne pas être acceptés par les autres. Parce que, nous, dans le monde des gens parfaits, nous sommes imparfaits. Alors j’ai décidé de faire plus d’apparitions en public. J’ai commencé à peindre. J’ai fait de nombreuses campagnes en tant que modèle. J’ai décidé de rejoindre la télévision nationale du Pakistan. Je suis devenue Ambassadrice nationale de bonne volonté auprès de l’ONU Femmes au Pakistan, et j’interviens en faveur du droit des femmes et des enfants. J’ai été nommée dans les 100 femmes de 2015 par la BBC, et dans la liste des 30 personnalités de moins de 30 ans établie par Forbes en 2016. Quand vous vous acceptez tels que vous êtes, le monde vous reconnait. Tout part de l’intérieur. On se fait tous une idée imaginaire de la vie, comment tout cela devrait se passer. Voici mon plan, et tout doit se passer comme dans mon plan. Et si tout ne va pas comme prévu, on abandonne.

Je n’ai jamais voulu être en chaise roulante. Je n’ai jamais imaginé un jour être en chaise roulante. La vie est un test, une épreuve. Et les tests ne sont pas censés être faciles. Si vous attendez une vie facile, mais que la vie vous apporte des citrons, alors faites une citronnade. Et n’en voulez pas à la vie pour cela. Ce n’est pas grave d’avoir peur, ce n’est pas grave de pleurer. Rien n’est grave. Mais abandonner, ce n’est pas possible. On dit toujours qu’on ne peut pas se permettre d’échouer. Alors qu’il devrait être possible d’échouer, car après un échec, on se relève, et on échoue encore, et on se relève et ça nous aide à tenir. Chérissez chaque bouffée d’air, célébrez la vie. Vivez la, ne mourrez pas avant votre mort. Le véritable bonheur se trouve à travers la gratitude. Soyez reconnaissants, soyez vivants, et vivez chaque moment. »

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